OPERA AU LIDO : LE CORSAIRE Vendredi 16 mars et Mardi 20 mars

Le Corsaire appartient à cette période de création intense que Verdi a lui-même appelée « ses années de galère ». Après le formidable succès de Nabucco en 1842, le maestro va créer seize opéras en dix ans, travaillant sans relâche pour satisfaire les nombreuses commandes des directeurs d’opéra, désireux de répondre aux attentes d’un public enthousiaste. Tout le monde réclame du Verdi et les œuvres s’enchaînent à un rythme effréné jusqu’à la Traviata en 1853, point d’orgue d’un effort si épuisant qu’on a parfois annoncé la mort de Verdi… On trouve bien sûr des œuvres de qualité très inégale dans cette abondante production. C’est pour se débarrasser d’un contrat qui le liait à l’éditeur Lucca que Verdi compose, sans enthousiasme, Le Corsaire d’après un poème de Lord Byron. « Cette musique que j’ai écrite sans y attacher d’importance, pour me débarrasser d’un éditeur odieux, manque probablement d’inspiration ». Contrairement à ses habitudes, le compositeur n’assista pas aux répétitions, ni à la première, préférant rester à Paris où il avait retrouvé Giuseppina Strepponi qui allait devenir son inséparable compagne. L’ouvrage disparait de l’affiche après trois représentations. Afin d’atténuer ce terrible fiasco, on s’empresse de le remplacer par Macbeth dont le succès n’a pas faibli depuis 1847. Il faudra attendre 1954 pour que le grand Carlo Bergonzi reprenne le rôle de Corrado en concert à Venise, sous la direction de Tullio Serafin. Les très rares reprises scéniques, comme celle de la Fenice en 1963, ne parviendront jamais à sauver la réputation de cet ouvrage qui comporte toutefois de beaux passages, comme le Prélude ou la scène de la prison et le trio final.

Résumé

Le corsaire Corrado réfugié sur une île de la mer Egée, décide de se lancer dans une expédition contre les Musulmans au cours de laquelle il est fait prisonnier. Gulnara, favorite du Pacha Seïd, tombe amoureuse de Corrado qu’elle aide à prendre la fuite après avoir elle-même assassiné Seïd. Pendant ce temps, Medora la bien-aimée de Corrado, s’est empoisonnée à la fausse nouvelle de la mort de celui qu’elle aime. Elle expire dans les bras de son amant revenu trop tard. Corrado, désespéré, se jette dans les flots, tandis que Gulnara s’effondre, terrassée par la douleur.